On ne peut pas reprocher au Président de la République Nicolas SARKOZY, de ne pas être dans l’action.
Mais sa débauche d’énergie, sa volonté d’être sur tous les fronts est en fait inversement proportionnelle avec les résultats obtenus et constatés.
Il devait être le Président du pouvoir d’achat, celui du travailler plus pour gagner plus, celui de toutes les réformes.
Pour cela il a pris un maximum de pouvoirs y compris une grande majorité de ceux du gouvernement.
Mais aujourd’hui, presque 2 ans après son élection, sans oublier qu’il était le N° 2 des gouvernements qui se sont succédés depuis 2002, soit depuis 7 ans, le constat est amer.
Notre économie est en pleine crise et la récession n’a jamais été aussi menaçante. Le chômage augmente à une allure jamais constatée depuis 20 ans.
La morosité et l’inquiétude touchent un grand nombre de nos concitoyens accentuées par les méthodes employées pour engager les réformes qui aussi sont souvent incomprises et pour certaines reportées ou annulées.
Pour rester objectif, il faut aussi reconnaître que la crise mondiale, financière, économique mais aussi écologique, frappe notre Pays comme beaucoup d’autres et accentue ainsi les difficultés.
Mais en même temps elle vient contredire voire même annihiler la philosophie, les choix et les orientations politiques défendues par le Président de la République et sa majorité UMP lors des élections présidentielles et législatives de 2007 et qui se sont traduites dans leur action politique de juin 2007 jusqu’à ces dernières semaines.
ET C’EST BIEN LA L’ERREUR POLITIQUE MAJEURE DE L’ACTION DU PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE MAIS AUSSI DE SON GOUVERNEMENT ET DE SA MAJORITE.
C’est ainsi qu’une grande majorité des lois votées et des décisions prises étaient inspirées par le libéralisme et l’ultra-libéralisme ambiant, seule solution selon leurs inspirateurs pour régler l’ensemble des problèmes socio économiques.
QUELLE GRAVE ERREUR !!!
Alors maintenant les discours changent. Jamais nous n’avons entendu autant parlé, depuis quelques mois de la nécessité de réguler et de refonder le capitalisme, du rôle indispensable de l’Etat qui vient de voler au secours du système bancaire, un comble !! et qui est appelé pour sauver des pans entiers de notre système industriel.
Mais hélas, mille fois hélas, les actes et les décisions politiques constatées depuis juillet 2007, sont aux antipodes des discours prononcés et des intentions affichées et malheureusement risquent d’enfoncer notre Pays dans la crise au lieu d’y apporter des solutions très concrètes.
Une grande partie des lois votées souvent en urgence, sont caduques :
• La loi TEPA qui privilégie les heures supplémentaires au moment où le chômage augmente et le bouclier fiscal au moment où il faudrait mieux partager les richesses. Seul le crédit impôt-recherche, répond à des priorités pour nos entreprises.
• La loi sur le service minimum dans les transports publics vient de prouver son inefficacité avec les incidents à la gare St Lazare à Paris
• Les lois sur la consommation n’ont servi à rien puisque la croissance est en berne et que les inégalités augmentent.
• La loi de modernisation de l’économie va à l’inverse de ce qu’il faudrait faire pour relancer une économie de proximité
• Les lois de dérégulation sociale et sur le temps de travail fragilisent le statut des salariés au sein des entreprises à un moment où au contraire il faudrait leur assurer une protection
• La Révision Générale des Politiques Publiques mise en œuvre sans concertation, fragilise les services publics de proximité et par la même, les territoires les plus fragiles
• Bon nombre d’autres lois ne correspondent pas à l’attente et aux besoins urgents de nos concitoyens, si ce n’est la traduction de la volonté permanente d’annonces du Président de la République
Seule la démarche et la loi sur le Grenelle de l’environnement s’inscrivent dans des perspectives qui correspondent aux enjeux et à l’avenir de notre Pays. Malheureusement pour l’instant nous en restons aux intentions et aux orientations sans grande traduction dans l’action, et surtout dans les budgets.
Même le plan de relance par ailleurs très limité, ne s’est pas inscrit dans cette démarche pourtant porteuse d’avenir. Ce plan de relance qui en est resté qu’à la partie investissement certes nécessaire, mais qui n’est pas à la hauteur des enjeux et qui par ailleurs ignore complètement le soutien à la consommation et au pouvoir d’achat en particulier des bas salaires et des petites retraites. De plus il est bien difficile de dire aujourd’hui ce qui peut être réellement lancé très rapidement compte tenu des retards pris dans les affectations budgétaires par exemple sur les infrastructures routières et ferroviaires ou encore sur le logement, sans compter toutes les procédures nécessaires avant de lancer les travaux.
Il est facile de constater alors que L’ANNONCE QUASI JOURNALIERE MEDIATICO-POLITIQUE, ET QUAND BIEN MEME ELLE SE TRADUIT PAR UNE LOI VOTEE EN URGENCE, NE REPOND PAS A LA NECESSITE D’UNE ACTION POLITIQUE DE FOND, POUR REPONDRE AUJOURD’HUI A DES ENJEUX MAJEURS QUI SE SONT REVELES PAR LA CRISE FINANCIERE MAIS QUI ETAIENT LATENTS DEPUIS DE NOMBREUX MOIS.
C’est donc un changement fondamental d’orientation politique qu’il faudrait engager très rapidement. Le Président de la République, son gouvernement, sa majorité, sont-ils capables de l’engager au-delà des discours et des intentions.
RIEN N’EST MOINS SUR !!
Il faut donc une grande mobilisation des forces économiques et sociales pour influencer les décisions politiques pour qu’elles correspondent aux attentes et aux besoins réels de nos concitoyens.